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L’ÉTAT DÉCONFINE SANS L’HÔPITAL PUBLIC !

Communiqués de presse du Lundi le 04 mai, 2020

Le déconfinement annoncé par le Président de la République est prévu pour le 11 mai 2020. C’est un soulagement pour les – pour certaines - entreprises menacées de faillites, pour tous ceux que le confinement affecte profondément dans leur santé physique et psychique. Le Premier Ministre a décliné la semaine dernière les modalités du déconfinement : le SNPHARE s’interroge : comment imaginer un déconfinement responsable sans sécuriser l’Hôpital Public ?

Il y a une vérité que ne veut plus voir notre gouvernement : l’Hôpital public - avec l’ensemble de ses personnels - est encore en tension.

Il compte encore ses morts, ses malades - enfin ceux qui sont testés - et ceux qui souffrent : la cellule « Soins aux Professionnels en Santé » fait état d’une augmentation de 200% des appels avec risque de passage à l’acte.

Il est toujours en plan blanc, soumis à deux enjeux sanitaires qui sont quasiment des injonctions paradoxales : la reprise de l’activité notamment chirurgicale, la perspective d’une deuxième vague. Là-dessus, pas un mot.

Les soignants sont fatigués, épuisés physiquement et émotionnellement. Ils étaient déjà mobilisés depuis des mois pour sauver l’hôpital public parti à la dérive. Ils sont depuis le 12 mars 2020 à disposition permanente de leur employeur, et n’ont aucune perspective de plages de récupération suffisante pour du repos, du temps avec leurs familles, leurs enfants – déscolarisés ; tout ceci, couronné par le mépris de l’Etat pour leurs conditions de travail durant la crise COVID, fait craindre un moindre enthousiasme et une moindre dynamique en cas (probable) de deuxième vague, qui s’annoncerait sans stock suffisant de médicaments ni de protections adéquates – sauf à persister dans le recyclage de sacs poubelles en blouses, comme c’est actuellement le cas dans de nombreux établissements.

Au contraire, la fenêtre de répit – très relatif – actuel doit être utilisée pour prendre en charge toutes les pathologies non-COVID laissées de côté parfois trop longtemps pendant le confinement. Nombre d’entre elles imposent des interventions dans un délai rapide… et donc de piocher dans le stock très contingenté de médicaments, voire de gratter dans les fonds de tiroir pour trouver des vieux médicaments, et d’interdire toute respiration aux professionnels des blocs opératoires venus renforcer les équipes de réanimation ces dernières semaines.

Le SNPHARE demande à l’Etat

·       de prendre ses responsabilités et d’apporter la garantie que l’épuisement des soignants par la surcharge de travail, le stress ou la maladie ainsi que le risque d’une deuxième vague, ne seront pas minimisés par des considérations budgétaires poussant à une reprise d’activité non réfléchie : le SNPHARE demande un véritable renforcement de la veille sanitaire par la Médecine du Travail, ainsi qu’un suivi au long cours des soignant atteints ;

·       une communication  transparente sur la disponibilité des médicaments et des dispositifs en tension : le SNPHARE exige des consignes nationales claires, conditionnant la reprise d’activité ;

·       un engagement ferme à la reprise rapide de discussions avec les organisations professionnelles représentatives sur l’avenir de l’Hôpital public.

 


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