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Décès aux urgences : à qui le tour ?

Communiqués de presse du Lundi le 24 décembre, 2018

La liste des drames aux urgences ne cesse de s’allonger, ces derniers temps. Le décès survenu aux urgences de l’hôpital Lariboisière, en plein centre de Paris, est consternant et n’est malheureusement pas isolé. Le SNPHARE adresse toutes ses condoléances à la famille et aux proches de la victime et demande que les résultats de l’enquête en cours soient rendus publics.
 
Année après année, les structures d’urgence se sont organisées et réorganisées avec des équipes de soignants consciencieux et professionnels qui n’ont de cesse d’apporter aux patients des soins et des prises en charge les plus appropriées à leurs états de santé. L’activité des structures d’urgences à l’échelle nationale bat des records, avec plus de 20 millions de passages aux Services d'Accueil des Urgences et plus de 30 millions d’appels par an au SAMU. Un constat sans appel, les ressources humaines et matérielles des structures d’urgence sont en inadéquation majeure avec le nombre de demande de prise en charge de la population. On peut fermer les yeux et ne parler que de problèmes d’organisation mais la réalité est tout autre, car il est impossible de faire « toujours plus » avec « encore moins ».
 
C’est la quadrature du cercle, on n’évoque même plus la qualité des soins. A l’heure où nous parlons, la sécurité des patients n’est plus assurée dans de nombreux hôpitaux. Malgré les alertes adressées ces dernières années, à nos directions et au Ministère de la Santé, les tutelles restent sciemment sourdes aux appels les plus désespérés. Les démissions de praticiens se multiplient. Le nombre de médecins et de personnels soignants est dramatiquement insuffisant pour faire face au nombre de patients. Les délais de prise en charge s’allongent sans arrêt et sont insupportables pour les patients comme pour les soignants. Les surfaces des services d’urgence, les nombres de boxes d’examens sont insuffisants pour accueillir dignement les patients et leurs familles. Les brancards entravent les couloirs, la confidentialité des échanges entre les patients et les soignants ainsi que le secret médical ne sont plus garantis, dans nos établissements. Faut-il que le personnel des urgences et de l’hôpital dans son ensemble, porte une blouse jaune pour enfin être entendu ?
 
C’est un scandale sanitaire, l’inertie du ministère est coupable. Il est urgent d’agir !
 
Les moyens actuels sont insuffisants face à la surcharge. Les réductions de personnels et la fermeture de lits sont devenues la règle. L’ONDAM est gravé dans le marbre et ne bougera pas. Les enquêtes diligentées, après les drames de ces dernières années éludent systématiquement le manque de moyens et recherchent le coupable idéal parmi les soignants. Sans nul doute, au vu de la dégradation de notre système de soins, les professionnels des urgences n’ayant plus les moyens de leurs objectifs de soins, se sont posés cette question plus d'une fois : «Un patient est décédé aux urgences : A qui le tour ? »
 
Le SNPHARE, plus que jamais, soutient les équipes soignantes et dénonce ce scandale sanitaire indigne de notre pays. Il demande à Madame A. Buzyn,  à être reçu sans délai, afin de mettre en place les moyens et les mesures de sécurité indispensables pour une prise en charge de qualité intrinsèquement  légitime pour nos concitoyens.  

 

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