Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes Réanimateur Elargi

Accueil > Communiqués de presse > Crise aux Urgences : STOP à l’OMERTA. La crise aux urgences, c’est la crise de l’hôpital public tout entier ! Le SNPHARE constate et propose.

Crise aux Urgences : STOP à l’OMERTA. La crise aux urgences, c’est la crise de l’hôpital public tout entier ! Le SNPHARE constate et propose.

Communiqués de presse du Vendredi le 06 septembre, 2019

Crise aux Urgences : STOP à l’OMERTA. La crise aux urgences, c’est la crise de l’hôpital public tout entier !   Le SNPHARE constate et propose.

Le SNPHARE, plus que jamais, soutient la mobilisation nationale des équipes médicales et soignantes des services d’urgences. Le degré de crise sanitaire est maximal dans de nombreuses structures, des lignes de gardes ont été fermées durant tout l’été par manque de médecins et de personnel soignant mettant en danger de manière inacceptable les patients.

Si les premières mesures présentées par Madame la Ministre sur la filiarisation des patients vont dans le bon sens elles ne sont absolument pas à la hauteur du degré de crise sanitaire que les patients et les soignants vivent au quotidien, ni des enjeux de santé publique de notre pays.

Le SNPHARE constate :

- Un sous-effectif permanent des équipes médicales et soignantes, malgré nos alertes incessantes ces dernières années sur l’augmentation de l’activité des services d’urgence : augmentation des appels aux SAMU et fréquentation aux SAU supérieures à 5% par an dans chaque structure. Avec plus de 20 millions de passages aux SAU par an et plus de 30 millions d’appels aux SAMU par an, le constat est sans appel : « rien n’a bougé » … alors que la surmortalité des patients dans ce contexte est maintenant bien démontrée

- Un cruel manque de lits d’hospitalisation, en total inadéquation avec la hausse régulière du nombre de passages aux urgences. Pire encore, les fermetures de lits ne cessent de se poursuivre, aggravées par le virage ambulatoire de la politique de santé.

- Les médecins urgentistes et les soignants expriment une grande souffrance dans leur travail au quotidien : fonctionnement permanent en mode dégradé, non-respect du temps de travail et du code de travail. La pénibilité est accrue et est devenue insupportable aux horaires de la permanence des soins.

- Les drames se multiplient dans les structures d’urgences au grand désarroi des familles et des soignants. Le nombre de suicide de personnel médical et paramédical dans nos hôpitaux, année après année, ne cesse d’augmenter.

- La crise aux urgences n’est que la face émergée de l’iceberg. C’est tout l’hôpital public qui souffre. Lieux d’interface avec tous les services hospitaliers, les services d’urgences subissent les réductions drastiques de lits et la pénurie des personnels de tous les services. Là aussi, augmentation d’activité à moyens humains constants voire moindres, et une réduction du nombre de lits, du temps de consultation, de l’accès à un plateau technique – sans aucune reconnaissance du travail réalisé avec conscience, professionnalisme et dévouement au service du patient. Comment, dans ces conditions, ne pas comprendre le départ des jeunes et même des moins jeunes vers d’autres cieux plus cléments ? L’hôpital public se retrouve dans une spirale négative infernale…

Le SNPHARE déplore la dégradation des conditions d’accueil des patients et demande à la Ministre des Solidarités et de la Santé :

- Davantage de lits d’hospitalisations. Le SNPHARE réclame un arrêt de la fermeture de lits et demande la mise en place d’une mission nationale indépendante d’évaluation des besoins en nombre de lits d’hospitalisation par territoire.

- Une augmentation du nombre de médecins et de soignants pour faire face à la suractivité, par des mesures qui favorisent l’attractivité et les embauches de manière pérenne

- Une augmentation des salaires. La non-revalorisation des indemnités de garde pour les praticiens de l’hôpital depuis 2003 est un véritable scandale, aggravée par les itératifs gels du point d’indice : en 30 ans, le pouvoir d’achat des médecins a chuté d’environ 30 %. Les négociations en cours sur la modernisation du statut de praticien hospitalier doivent impérativement revoir les grilles salariales des praticiens et des soignants.

- Un plan d’action global sur l’amont et l’aval des Urgences et pour l’Hôpital Public dans son ensemble. Les urgences ne peuvent pas être l’unique porte d’entrée de tout l’hôpital, la filiarisation des patients est un axe essentiel.

- Des moyens financiers conséquents, comprenant une révision de la tarification de l’activité réalisés aux urgences doivent être mis sur la table face à cette crise sanitaire.

La nouvelle loi Santé ne nous permet pas d’entrevoir la sortie de cette spirale.

Le SNPHARE demande à la Ministre des Solidarités et de la Santé une réforme d’ampleur pour l’organisation des Urgences hospitalières, comprenant des actes à mettre en place sans délai dans toutes les structures d’urgences, et pour l’Hôpital Public dans son ensemble.


Télécharger le PDF
Envoyer :
Imprimer :

Commentaires

Nos derniers tweets
Retrouvez-nous sur Facebook
Projet du SNPHARE
Abonnez-vous à la newsletter

Ne ratez plus aucune actualité

en entrant vos cordonnées ici

Victime, Agression, injustice ?

RESTEZ INFORMÉ, INSCRIVEZ-VOUS AU SNPHARE

ADHÉRER