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Rapport Uzan et recertification des médecins : amélioration du soin donné au patient ou énième usine à gaz ? Propositions du SNPHARE

Communiqué de presse du Lundi le 19 novembre, 2018

Communiqué de presse du 19 Novembre  2018

Le SNPHARE a pris connaissance du rapport du Pr Uzan concernant la recertification des médecins, remis à la Ministre des Solidarités et de la Santé et rendu public le 5 novembre 2018. Après le développement professionnel continu (DPC) qu’il n’a jamais été possible de mettre réellement en œuvre, la proposition du Pr Uzan saura-t-elle répondre à l’attente des médecins et de la population ?

Le SNPHARE avait rencontré le 16 avril 2018, au ministère, avec son intersyndicale Avenir Hospitalier, le comité de pilotage coordonné par le Pr Uzan sur la recertification. On peut déjà s’étonner de l’absence de syndicats de médecins diplômés dans le comité de pilotage, alors que syndicats d’internes et étudiants en médecine en faisaient partie.

Le SNPHARE se réjouit d’avoir été entendu sur le rôle central des Conseils Nationaux Professionnels (CNP) dans la recertification, et le caractère obligatoire d’un temps de formation – qui jusque-là était seulement un « droit » - d’une durée de 15 à 30 jours par an. La prise en compte des risques psychosociaux est une excellente nouvelle, d’autant que l’équilibre psychique et la bonne qualité de vie au travail ont un impact positif sur la prise en charge des patients.

Cependant, ce rapport laisse quelques interrogations :

- Les modalités du financement de cette formation, ainsi que du nouveau « Conseil National de Certification et de Valorisation », ne sont pas envisagées (tout comme ne l’est pas celui des CNP), alors que l’ANDPC annonce ces jours-ci ne plus pouvoir financer les formations en cette fin d’année.
-Il est regrettable que cette recertification ne s’adresse qu’aux médecins issus de la réforme du 3ème cycle (soit une première recertification en 2027), et non à tous les médecins actuels, notamment ceux dont la formation n’est pas contrôlée ni financée (médecins exclusivement remplaçants, par exemple).
- Il n’est pas stipulé que le temps dédié à la formation et à la qualité doit être du temps médical dégagé de toute activité clinique, et intégré aux obligations de service pour les médecins hospitaliers.
- En période de pénurie médicale, les médecins auront-ils réellement le temps et les moyens de se former ? Aura-t-on le courage d’interdire d’exercice un médecin non certifié ? La CNCV n’est-elle pas une énième usine à gaz qui, comme l’ANDPC, échouera à assurer la formation des médecins 

Le SNPHARE renouvelle et enrichit ses propositions à la lumière du rapport Uzan :

- La recertification des médecins doit être financée : une enveloppe annuelle de 1500 euros par médecin hospitalier afin de prendre en charge les jours de formation obligatoire.
- Le temps de formation (15 à 30 jours) doit être sanctuarisé, indépendant de l’activité clinique, intégré aux obligations de service et défini comme tel sur les tableaux de service.
- Le contenu de la formation doit être mixte, alliant un contenu défini par le CNP et un contenu « libre », au choix du praticien ; il doit comporter :

  1. Au moins un congrès (national ou international) annuel de la spécialité
  2. Un accès professionnel libre à internet, aux moteurs de recherches médicaux et à une librairie électronique incluant les principaux journaux médicaux généraux et de spécialité
  3. Une à deux journées de simulation par cycle de recertification
  4. Une évaluation du nombre de jours d’activité clinique et de participation à la permanence des soins
  5. Une participation aux démarches de qualités de l’institution (revues de morbi-mortalité, comités de retours d’expériences etc

La formation des médecins ne se brade pas, et pour qu’elle soit à la hauteur des espérances du rapport du Pr Uzan, le SNPHARE demande un engagement clair des tutelles sur le temps et les moyens financiers dédiés à cette formation, ce qui implique une augmentation des effectifs médicaux ; à l’hôpital, nous attendons toujours ce « choc d’attractivité » qui n’apparaît pas dans " Ma Santé 2022 ".

Lire le rapport

Lire la synthèse

Lire nos propositions sur la recertification


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