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Assez de doubles discours et de mépris organisé à l’hôpital

Communiqué de presse du Mercredi le 12 septembre, 2018

Alors que la Ministre des solidarités et de la santé s’est répandue partout dans les média, en faisant croire que tout allait pour le mieux dans les hôpitaux, cet été et que la situation était « maitrisée » sur l’ensemble du territoire, plusieurs ARS ont fait appel à la Réserve Sanitaire (https://fr.surveymonkey.com/r/ChHdFAout2018), en sollicitant médecins inemployés, retraités et internes, pour soutenir les services d’urgences en grandes difficultés, dans le but de limiter le préjudice que subit actuellement le secteur public hospitalier en France.

 

Oui ! Nous en sommes là, en 2018, en France ; l’État fait appel aux bonnes volontés, comme lors d’un déclenchement du Plan ORSEC ou lors d’un tremblement de terre survenant à l’autre bout du monde. Dans le même temps, il organise des réunions ronflantes pour dire que tout va bien !

 

Passons sur les revenus proposés qui, comparés aux revenus des médecins intérimaires même plafonnés, limitent d’emblée la portée de la proposition.

 

Passons sur la médecine d’urgence devenue une spécialité à part entière, alors qu’on demande à des médecins dont ce n’est pas la formation, d’assurer les urgences.

 

Parlons plutôt du déficit médical organisé depuis plusieurs décennies, jamais compensé malgré toutes nos alertes syndicales.

 

Parlons de nos mises en garde sur l’attractivité médicale hospitalière, jamais entendues depuis plus de 10 ans : une décennie que nous nous époumonons à dire aux différents interlocuteurs que l’hôpital va dans le mur, et que nos propositions sont balayées d’un revers de la main, quel que soit le pouvoir en place : Roselyne Bachelot, Xavier Bertrand et leurs équipes n’ont jamais rencontré les syndicats ; Marisol Touraine, au contraire, les a beaucoup rencontrés, les a fait énormément travailler, mais a choisi ce qui coûtait le moins cher, c’est à-dire un saupoudrage de mesures sans cohérence interne, même si certaines étaient attendues ; et maintenant Agnès Buzyn s’agite (comme si elle avait un quelconque pouvoir...) pour essayer d’étouffer tout embrasement éventuel, quoiqu’elle ne fasse guère illusion, ni envers les acteurs du monde hospitalier, ni envers les citoyens/patients. Quant aux propositions présidentielles attendues en mai, puis en juin, puis en juillet, puis à l’automne, tout cela ressemble tant à l’arlésienne que l’on finit par ne plus y croire.

 

Le SNPHARE garantit une véritable catastrophe sanitaire (et plus vite qu’on ne le pense !) en absence d’un réel choc d’attractivité pour les carrières médicales et d’une réforme du financement des hôpitaux. Le recours à la réserve sanitaire semblera encore plus ridicule qu’actuellement...

 

Le SNPHARE répète qu’il faut donner envie aux jeunes collègues de travailler dans le service public hospitalier : il faut redonner de la dignité aux emplois médicaux. Plus personne n’a envie de donner son temps et son énergie pour une bureaucratie méprisante très loin du métier. La dignité passe aussi par une rémunération correcte, en début de carrière (commençant au 7e échelon actuel), et en général, pour tout travail de jour comme de nuit. La pénibilité du travail doit être reconnue, et les textes sur le temps de travail appliqués.

 

Concernant l’intérim médical, le SNPHARE reprend ses propositions, les mêmes depuis 10 ans : ouvrir la possibilité aux jeunes médecins n’ayant pas soutenu encore leur thèse, de faire des remplacements à l’hôpital comme en libéral. Il s’agit de créer un statut national de médecin remplaçant, attractif, géré en toute transparence, qui soit, pour ceux qui hésitent, une entrée professionnelle à l’hôpital (rémunération attractive, sur volontariat, période limitée dans le temps mais comptant double pour les échelons de PH et la retraite). A nous ensuite de leur donner envie de rester ! C’est l’unique solution : mettre à la disposition des hôpitaux, sur l’ensemble du territoire, des médecins que l’on fidélisera par des mesures d’attractivité.


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