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« Ma Santé 2022 » : quelle déception pour l’hôpital public !

Communiqué de presse du Jeudi le 20 septembre, 2018

Le Président de la République a présenté son plan santé, le 18 septembre dernier.

Si quelques dispositions paraissent séduisantes au prime abord (statut unique de PH, redonner du sens au service, augmentation du pouvoir médical de la CME, redonner du sens à la médecine de ville dans le parcours de soin…), elles ne doivent pas masquer l’absence de réponses apportées pour les établissements publics de santé.

Passons sur la remise du patient et du projet médical au centre des préoccupations de l’hôpital qui s’apparente à un leitmotiv, pour ne pas dire à un effet de manche… L’augmentation de l’ONDAM à + 2,5 % et la dotation aux hôpitaux de 300 millions d’euros semblent irrationnelles, face au déficit des établissements publics de santé de 1,2 milliards d’euros.

Si la qualité des soins est envisagée, son financement va conduire inéluctablement à soigner des indicateurs, comme le montrent toutes les études internationales. Sa construction sera une nouvelle usine à gaz bureaucratique qui alourdira le travail des soignants, alors que nous avons plutôt besoin de simplification administrative !

 

On se félicite du désenclavement ville/hôpital (s’il fonctionne…), mais est-ce que 400 médecins de ville de plus, vont suffire (soit environ 4 à 5 par département) ? Quel statut est prévu et au sein de quelle organisation, ces praticiens seront-ils recrutés ?

 

Comme le rappelait le SNPHARE à l’occasion de la suppression des ECNi, la suppression du concours de praticien hospitalier ne doit pas être source d’arbitraire et de nominations iniques afin de recruter des médecins choisis pour leur capacité à rentrer dans le moule plus que pour leurs compétences médicales. Nous sommes attachés au modèle républicain de sélection au mérite, et n’acceptons pas de brader notre profession sous prétexte qu’il y a des problèmes démographiques : il en va là aussi de la qualité !

 

La Ministre des solidarités et de la santé s’était émue, en début d’année, de la souffrance des soignants à l’hôpital. Or, quelles propositions ont été énoncées pour l’hôpital ? Rien sur les conditions de travail (comme si la seule solution était une meilleure (ré)organisation…), rien sur la perte d’attractivité des carrières médicales hospitalières (comme si une pratique à la fois hospitalière et privée seule permettrait de garder plus de médecins à l’hôpital). Comment peut-on combler presque 30 % de postes hospitaliers vacants par des praticiens à temps partiel qui ne seront, de fait, que peu impliqués dans la vie du service ?

 

On ne peut que s’étonner que l’hôpital semble se résumer à la médecine d’urgence et à la psychiatrie ! Bien sûr des mesures sont nécessaires pour ces activités, mais quid des autres activités hospitalières ? Ne méritent-elles pas d’attention ? Ne serait-ce que les charges administratives sous lesquelles croulent les médecins hospitaliers avec des secrétariats médicaux inexistants… Pourquoi les assistants médicaux ne seraient réservés qu’aux médecins libéraux, alors qu’il n’y a plus de secrétariat médical digne à l’hôpital ? Le retour des services, supprimés par la Loi Touraine, doit s’accompagner, pour un management bienveillant, de garanties telles que l’évaluation des responsables, le renouvellement, le champ d’action, etc.

 

Pour le 60e anniversaire de la création des CHU, on s’attendait à des dispositions ambitieuses : quelles réflexions sur la redistribution des missions ou leur contractualisation, qui ne peuvent être concentrées dans les mêmes mains toute une vie, ce qui conduit souvent à un exercice insatisfaisant de certaines d’entre elles ?

 

Enfin, la composition de la CME n’est pas revue pour assurer une réelle représentation des médecins. Aucun dispositif n’est prévu pour l’instant, pour associer véritablement la communauté médicale au pilotage des établissements publics de santé. Les prérogatives de la CME telles que décrites dans le Plan Santé, n’auront pas d’applications véritables.

 

Le SNPHARE demande au Président de la République de : 

- financer le parcours de soins et non d’organiser une nouvelle course à l’activité via les forfaits hospitaliers, 

- cibler l’attractivité des praticiens hospitaliers à temps plein qui ne peut être remplacée par une juxtaposition de médecins à temps partiel, désinvestis ou en attente d’une place dans le secteur privé, 

- recruter des secrétaires et assistants au sein de l’hôpital pour décharger les médecins des tâches administratives, 

- prendre en considération les mesures d’attractivité présentées par le SNPHARE au Ministère des solidarités et de la santé et assurer leur financement.


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